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Index des articles > Libertad 5 ( Novembre 2005 ) > La caricature anticléricale, revendication de la laïcité

La caricature anticléricale, revendication de la laïcité
Article posté par redgorki

Nouvelle page 2

La caricature anticléricale, revendication de la laïcité

 

 

Libertad lance un numéro spécial Bande Dessinée et dans un mois, en grande pompes (républicaines ça va de soi) on célèbrera le centenaire de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat… Jolie coïncidence certes mais à première vue pas évidente… Pourquoi insérer cette loi qui pose les fondements de la laïcité française dans un numéro dédié à l’art de la Bande Dessinée ? Je sens déjà, amis lecteurs, les interrogations qui se bousculent dans vos petits cortex cartésiens,  je lis dans les rides de vos fronts plissés l’attente d’une réponse argumentée et convaincante. Tâchons donc d’être à la hauteur.    

 

Tout d’abord un peu d’histoire… La loi de 1905 n’est pas un événement historique isolé,  cette loi dont on fêtera bientôt le centenaire marque l’achèvement d’un courant laïque inauguré par la Révolution française, renforcé par la politique sur l’enseignement de Jules Ferry et concrétisé par le ministère Combes, instigateur de la loi. Si cette loi inaugure le 20ème siècle, elle se nourrit de tous les combats républicains menés par le passé: Laïcisation de l’école sous Jules Ferry, décret sur l’expulsion des congrégations, loi de 1901 sur les associations qui impose aux congrégations un régime d’autorisations préalables… Mais la loi de séparation promulguée le 9 décembre 1905 va encore plus loin : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». L’article 2 du texte de loi  proclame l’indépendance respective des deux sociétés, la civile et la religieuse. Plus de conciliation possible, le divorce est brutal. En novembre 1904, les relations diplomatiques entre le Vatican et Paris sont interrompues. Des troubles surviennent à l’occasion des inventaires prévus par l’article 3. Les « apaches en tonsure » refusent de léguer leurs biens à des « bouffeurs de curés ». Malgré les prouesses de conciliation du socialiste Briand (moins radical que le « petit père » Combes), le divorce est bel et bien consommé. La France jusqu’alors « fille aînée » de l’Eglise en devient son pire ennemi. Voilà pour le  rappel historique. Et alors là vous me dîtes, impatients lecteurs que vous êtes, quel rapport avec la bande dessinée ? J’y viens, j’y viens…

           

La loi de Séparation mais plus encore la bataille idéologique qui opposa anticléricaux et cléricaux a laissé de belles traces dans les revues satiriques illustrées. Comme d’autres grandes idéologies, l’anticléricalisme a puisé dans le dessin une source de propagande inépuisable. Jésuite ascétique, curé rondouillard, amateur de bonne chair, religieuse bigote…la caricature est féroce. Support d’une idéologie militante, le dessin anticlérical connaît ses plus belles heures avec la séparation des Eglises et de l’Etat. Les revues anticléricales se multiplient. Dessinateurs, caricaturistes et autres graveurs rivalisent de talent et d’imagination pour exprimer leur haine féroce à l’égard de l’Eglise. Des grandes affiches font chaque semaine la une de journaux républicains et satiriques aux noms évocateurs : Les Corbeaux, revue anticléricale franco-belge éditée et dessinée par un belge, Dubucq qui signe ses dessins sous le pseudonyme Ashavérus ; L’Assiette au beurre dont l’originalité est de ne contenir que des dessins légendés (fondée par le dénommé Schwartz, cette revue est une incroyable tribune pour de nombreux dessinateurs. Grandjouan, Jossot, l’italien Galantare, Hermann-Paul y signeront leurs plus beaux dessins) ; La Calotte, l’Internationale ou bien encore Le Canard Sauvage luttent chaque semaine contre le péril clérical. Leurs armes ? Des crayons bien taillés qui démystifient l’Eglise par l’humour et la satire.

Malgré une certaine codification thématique et graphique de la caricature anticléricale, les dessinateurs anticléricaux font preuve d’originalité. En témoigne ce dessin d’Ashavérus montrant une Marianne décidée, allégorie d’une République jeune et combative,qui dépoussière ici la France de tous les parasites religieux, ces « cléricafards » qui ont empoisonné la société pendant de trop longues années. Le dessin d’Ashavérus paru dans les Corbeaux est sans appel : « Bon débarras » s’écrie la pétillante Marianne en jetant les prêtres comme de vulgaires déchets. A côté, le dessin de Galantara paru dans un Assiette au beurre consacré au Vatican impressionne par la mise en scène morbide. Le Vatican est représenté sous la forme d’une hideuse créature qui tient le peuple par la gorge et l’oblige à cracher son or. La pose agonisante du pauvre homme qui tente de s’agripper au bord de l’image, les lettres du mot Vatican saignantes sur les gigantesques dents (qui correspondent à la façade de la basilique Saint-Pierre), confèrent au dessin une ambiance de meurtre et de violence. Enfin terminons  par l’affiche de Jossot pour la revue L’Action. Ce dessin représentant les institutions dirigeantes bâillonnées par un journal L’Action frappe par sa composition graphique : les couleurs, la juxtaposition des personnages donnent à l’affiche une dimension graphique moderne. Pour la petite histoire, cette affiche de lancement de L’Action fit sensation. Lacérée sur les murs par les cléricaux, diffusée sous forme de cartes postales dans les manifestations anticléricales du début du siècle, ce dessin devint le signe de ralliement des anticléricaux.

 

Les combats idéologiques relatifs à la loi de Séparation se sont donc déplacés vers les revues anticléricales. Dans la France du début du siècle qui se laïcise, se dote de grandes lois sur les libertés publiques, la caricature est un ferment pour les idées nouvelles. L’originalité graphique, l’humour, les représentations originales des idéaux de la République donnent au message visuel une dimension sociale et politique. Désormais, partout où elle s’exprime, la caricature est aux avant-gardes de la modernité.

 

Pour ceux que ça intéresse deux ouvrages publiés récemment : La République et l’Eglise. Images d’une querelle, La Martinière, 2005 et le succulent ouvrage sur la caricature anticléricale  A bas la Calotte !, Editions Alternative, août 2005.

 

 

Olivier V.

 

 


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